Torremolinos est le berceau des vacances à forfait sur la Costa del Sol. Première station balnéaire de la côte à se développer, dès la fin des années 1950, elle a connu une brève période de gloire, attirant des stars de cinéma avant que la foule n'arrive et que les critiques ne fusent. Sa réputation persistante, celle de la bière bon marché sur la Calle San Miguel et du front de mer bétonné, date de plusieurs décennies. Aujourd'hui, la ville abrite l'une des plus grandes communautés LGBTQ+ d'Espagne et une importante Pride annuelle, et La Carihuela, l'ancien quartier des pêcheurs, reste le lieu de prédilection des locaux pour les fruits de mer.
La géographie explique son essor comme son déclin. Aucune autre station balnéaire de la côte n'est plus proche de l'aéroport de Málaga, situé à environ sept kilomètres, soit une dizaine de minutes de route. C'est pourquoi les vols charters y ont atterri en premier. La ligne de train de banlieue C-1 Cercanías traverse la ville, rendant la voiture superflue pour se rendre à l'aéroport ou à Málaga. Le climat a fait le reste : des journées d'hiver avoisinant les dix-sept degrés, un mois d'août approchant les trente et un, et une douceur appréciable toute l'année. Cette formule a bâti la ville, puis a bien failli la ruiner.
Torremolinos ne convient pas à tout le monde. Les acheteurs en quête de tranquillité feraient mieux de se tourner vers Rincón de la Victoria ou Nerja ; ici, le tourisme est dense et permanent. Ceux qui recherchent des adresses de prestige et des complexes de golf s'orienteront plutôt vers Marbella ou Estepona. Quiconque se représente Torremolinos comme dans les années 1980, que ce soit avec mépris ou nostalgie, devrait visiter avant de se décider. Cette ville-là n'existe plus.